Une journée à bord de Venus

Dernière mise à jour : 16 août 2021

Bienvenus à bord de Venus!

Il est 5h30 du matin et c’est l’heure du réveil. Pas besoin d’alarme, ce sont les coqs avoisinants ou les premiers rayons de soleil qui vous réveillent, dépendamment de si la journée s’annonce nuageuse ou pas.

Le clapotis des vagues contre la coque de Venus vous berce encore, mais vous avez une belle journée remplie de découvertes devant vous, alors, ni pantalons ni costard, votre uniforme c’est votre maillot de bain!

Lever de soleil à bord de Venus


Thé ou Café pour le petit déjeuner? Allez, aujourd’hui ça va être thé. Au menu de la journée : la préparation de la navigation de demain!


Avant tout, regarder la météo. Windy, SailGrib, Windfinder, GFS… on va non seulement regarder la force du vent mais aussi sa direction. Est-ce que ça va être une navigation au près, à tirer des bords, ou bien est-ce que ça va être en ligne droite au travers? Pétole ou bien navigation musclée? Aussi regarder les vagues, la houle et le courant. Une fois toutes ces informations rassemblées, on peut estimer le temps de navigation. Supposons Tahiti – Moorea, une distance de 20 miles nautiques, avec un vent de 10-15 nœuds d’Est? On estime à 4h heures de navigation. Parfait. On rajoute une heure pour lever l’ancre et sortir de la passe au départ et une autre heure à l’arrivée, et ça nous fait une traversée de 6 heures.

À vol d'oiseau 17 miles nautiques, mais à la voile on prévois 20 miles


Ici il fait nuit assez tôt, vers 18h, et on a comme règle d’or de toujours arriver de jour au point d’ancrage, surtout lorsqu’on ne connaît pas l’endroit, donc l’objectif est d’arriver sur place au plus tard à 17h. Du coup, à 11h du matin on devrait déjà être sur notre départ. Parfait!


La météo a l’air quand même chargée et bizarre, aujourd’hui plusieurs grains sont passés avec de beaux coups de vent. Cela fait maintenant une semaine que nous sommes à Taina, sur Tahiti, et que nous avons fait la réparation de la bôme et maintenant on se prépare pour deux semaines de navigation vers les Iles sous le Vent : Moorea, Huahine, Ta’haa, Bora Bora et Raiatea avec 4 équipiers! On va être 6 personnes à bord! Génial! On a hâte de partager notre quotidien et de partir à la découverte de ces îles! En attendant, on fait une pâte à pain, comme ça on va la laisser lever et ce soir on le met au four pour avoir du pain demain matin! Miam!


Ensuite c’est le moment de vérifier que tout est bon pour le départ de demain. Niveau d’huile moteur? Niveau liquide de refroidissement? Les courroies? Les fonds de cales qui sont bien sèches? Aussi la toilette avant commence à devenir capricieuse, alors c’est parti pour le démontage de la toilette afin de découvrir le mystère et l’origine du caprice! Joints, pompes, cuves, les toilettes n’ont vite plus aucun secret pour un navigateur!

Dessalinisateur, courroies, les niveaux, il faut tout vérifier!


Avec tout ça la matinée est déjà bien avancée. Est-ce que la coque est encore propre? Oui, nous l’avons frotté les derniers jours. En effet bien que nous avons une peinture qui empêche les algues de pousser sur notre coque, celles-ci réussissent quand même à se développer. Algues, petits coquillages et crabes choisissent Venus comme maison dès que nous tournons le dos! Du coup, il faut frotter. La fréquence dépend des eaux où nous nous trouvons. Dans les Iles Marquises par exemple, les algues poussaient à une vitesse incroyable tandis que dans les Tuamotus la coque restait propre mais c’était plutôt quelques coquillages qui s’installaient. Dans tous les cas nous sommes bien contents qu’il ne faille pas laver la coque car mine de rien il faut calculer un bon 4 heures de nettoyage à deux, alternant brosse, apnées et quelques tasses à boire!

La coque avant et après. Trouvez les 7 différences!


Il est quelle heure? 11 heures du matin, déjà… Bon allez, vite on a le temps de faire une lessive. On saute sur le dinguy, on met en place le moteur sur l’annexe, on prend le linge et les draps sales et on va vite à terre, histoire de profiter des robinets à eau potable et des grandes bassines afin de partir avec toutes nos affaires propres!


Nous sommes de retour à bord à 13h. Mine de rien ça prend du temps tout ça! Tandis que l’un cuisine l’autre met les vêtements à sécher sous le soleil caniculaire de la Polynésie française. Un bon dîner, un bon café, et c’est reparti, c’est le sprint avant le départ! Bien que les items restants sur la check list diminuent il nous reste du pain sur la planche!

Le niveau d’eau dit quoi? Les réservoirs sont à ¾ pleins, soit un peu plus de 250 litres sur les 300 que comptent nos réservoirs. On fera de l’eau demain matin en sortant vers la passe, ça devrait aller.


On ne sait pas à quel point le ravitaillement va être facile dans ces îles, alors on fait le plein de provisions! 6 personnes, pour 14 jours avec 3 repas par jours, je vous assure ça fait pas mal de courses à ranger à bord de notre belle Vénus. Une fois cette mission finie il est déjà 16h. Il ne reste plus qu’une heure de soleil bien que les nuages se font de plus en plus présents et le vent de plus en plus fort. Heureusement que les habits sont déjà secs et rangés dans les armoires car la pluie met à tomber par à-coups. J’allume les instruments de navigation par curiosité, pour voir la vitesse du vent : 15 nœuds. Bon, on a connu pire.

Ups... Ça commence à bien souffler!


C’est l’heure de la technologie! Répondre aux courriels, envoyer des messages aux proches, prendre des rendez-vous avec des organismes de conservations locaux afin d’en apprendre toujours plus, envoyer des demandes de commandite et de subventions, faire des annonces sur les réseaux sociaux concernant nos prochaines sorties disponibles, et, bien sûr échanger avec certains d’entre vous qui êtes intéressés à embarquer à bord de Venus pour vivre une aventure inoubliable! Car ne l’oublions pas, c’est notre objectif premier : faire en sorte que vous puissiez embarquer à bord de Venus afin de vivre une expérience incroyable, magique et riche en émotions!


Il est 18h et c’est avec un sourire aux lèvres que je mets la technologie de côté. Dehors ça souffle pas mal, chaque fois plus. L’anémomètre affiche un vent maximum de 25 nœuds, ça se corse… Mais nous avons mis assez de chaîne pour tenir des vents encore plus forts. Mieux vaut prévoir que guérir.


Par contre la nuit est tombée, et c’est le moment de faire attention avec la consommation énergétique. Avec le vent qu’il souffle dehors ça devrait aller, mais il faut toujours garder un œil sur la consommation. Pas de cours d’électricité ou d’énergie à bord aujourd’hui, juste vous dire que nous avons 4 panneaux solaires qui produisent uniquement s’il n’y a pas d’ombre dessus. Il suffit qu’une infime ombre soit sur un des panneaux pour que celui-ci arrête de produire. L’éolienne quant à elle produit uniquement s’il y a du vent. Bon, je vous vois déjà avec le sourcil levé avec une vague envie de sauter ce paragraphe barbant. Attendez un instant!

Bienvenus au tableau électrique de Venus! C'est ici que l'on contrôle l'électricité à bord!


Sur Venus ce qui consomme le plus en énergie c’est le frigo, le congélateur, l’onduleur pour avoir du 220V et le pilote automatique quand ils sont en marche. Par contre si vous avez les trois lumières du carré et les lumières des cabines allumées vous consommez presque autant que le frigo! Tout ça pour dire que si vous avez envie d’avoir le frigo et 4 lumières allumées et que vous souhaitez garder les batteries au même niveau, il vous faut produire l’équivalent des 4 panneaux ainsi que l’éolienne. Bon, en journée ça devrait le faire, mais c’est la nuit qu’il faut faire attention car sans soleil, c’est l’éolienne la seule qui peut produire de l’électricité! Du coup la nuit, hop, on éteint tout ce qui n’est pas indispensable, soit congélateur, frigo, les lumières en trop, les instruments de navigation, et ce jusqu’à demain, en espérant qu’il fasse beau et que nous puissions recharger les batteries!


Dans tous les cas, quelle journée bien remplie! Et dire que toutes les journées passent aussi vite! Je voulais écrire un peu un article, car je me suis dit que je voulais en écrire un par semaine, mais je n’ai même pas eu le temps de me poser 10 minutes derrière l’ordinateur! Il faudra que je prenne un peu plus de temps demain pour le faire.


Et dehors ça souffle. 30 nœuds de vent… ça risque d’être une nuit un peu mouvementée! Alors on vérifie une dernière fois l’ancre, les bateaux voisins, on s’assure que le frigo, congélateur et autres sont bien éteints, on met une alarme pour si l’ancre chasse ou pour si on se déplace plus que prévu, et hop, on va grappiller chaque minute de sommeil car demain, c’est journée de navigation!


Merci à tous, et prenez soin de vous!


Cet article vous a plu? Ce projet vous inspire?

Soutenez-nous

132 vues0 commentaire