Rencontre avec les Coraux

Les coraux, ça nous intéresse. Et vous ?

Venus et ses amies dans le récif coralien de Tikehau, Tuamotus.


Les coraux sont des superstructures aux milles formes et aux milles couleurs construites par une multitude de petits animaux appelés polypes qui synthétisent un squelette de carbonate de calcium. Ils constituent des écosystèmes récifaux qui :

  • abritent des milliers d’espèces marines

  • participent au stockage du carbone

  • protègent les littoraux en cassant les vagues océaniques


Ils sont capables de s'alimenter en capturant du plancton mais la majeure partie de leur alimentation provient de la photosynthèse. Ah bon ? Mais les polypes sont des animaux et seuls les végétaux sont capables de faire de la photosynthèse, non ? Tout simplement, ils travaillent en équipe. Ils vivent en symbiose avec des microalgues qui s’occupent de la photosynthèse en échange d’un abri. Rose, violet, bleu, orange, jaune… ce sont ces microalgues qui sont responsables de la couleur des coraux.

Une image vaut plus que 1000 mots, surtout quand il s'agit de polypes!


La reproduction des coraux est aussi digne d’intérêt. Ils se reproduisent de façon asexuée par bouturage mais pas seulement. Leur reproduction est aussi sexuée avec libération occasionnelle de gamètes mâles et femelles dans l’environnement. La fécondation est ensuite externe ou interne produisant une larve ciliée appelée planula. Attirées par la lumière, ces larves vont monter à la surface et se joindre au plancton. Cette étape de vie libre va permettre aux coraux habituellement fixés, d’aller conquérir de nouveaux horizons et d’assurer la dissémination de l’espèce. Après un voyage de quelques jours, les planulas se fixent sur un substrat dur et deviennent des colonies de polypes qui commencent la construction du récif qui s’agrandit cette fois grâce à la reproduction asexuée. La croissance de la colonie va dépendre de la morphologie, des conditions environnementales et de l’espèce constructrice, Par exemple, un corail branchu Acropora sp. A une croissance de l’ordre de 10-15 cm par an alors qu’un corail massif type Porites Sp. Grandira de 1-2 cm par an. Fascinant, non ?

Différents types de coraux et de couleurs dans la passe Sud de Fakarava.


Les coraux sont de véritables marqueurs du changement des conditions environnementales. Ils sont très sensibles à de multiples paramètres tels que la température de l’eau, la chimie, la turbidité. L’augmentation de température entraîne une augmentation de la solubilité du CO2 dans les océans contribuant à son acidification. Ce phénomène rend plus difficile la synthèse par les coraux de leur squelette de carbonate de calcium. Également avec l’augmentation de la température mais aussi avec un excès de zinc dans l’eau, comme celui contenu dans les crèmes solaires, les microalgues symbiotiques se mettent à synthétiser des composés toxiques pour les polypes. Fini la symbiose, les polypes cherchent à se débarrasser de ces envahisseurs gênants. C’est le phénomène de blanchissement des coraux. Mais biensûr, lors de cette expulsion, les coraux perdent leur faculté photosynthétique qui représente une bonne partie de leur alimentation. Donc, si les conditions se rééquilibrent, ils vont chercher à rétablir la symbiose avec les microalgues. À l’inverse, si les conditions persistent, les coraux finissent par s’éteindre laissant derrière eux un vaste cimetière de squelettes carbonatés sur lesquels les algues vont commencer à se développer. Ce n’est évidemment pas ce que l’on souhaite pour l’avenir de nos océans.

C'est avec tristesse que nous assistons au blanchissement de coraux. Ici à Bora Bora.


Il existe plusieurs solutions afin de réduire notre impact sur les récifs coraliens. La réduction de la polution des oceans à la source ainsi que le contrôle des rejets vers l'ocean, la sensibilisation de la population quant aux enjeux et stress subis par ces catédrales des mers ( coups de palmes, déchets plastiques, crèmes solaires au zinc, etc...) sont un moyen de protéger ces ecosystèmes si importants.

Certaines entités, parrallélement, mettent en place des structures pour faire du bouturage et du replantage de coraux.

ArcticStern est allé à la rencontre d'un de ces organismes, Tamarii Pointe des pêcheurs, afin d'en apprendre d'aventage, de comprendre la compléxité de ces ecosystèmes et de prêter main forte dans le bouturage de coraux.